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Stéphane raconté par son frère

Mon frère, Stéphane, a divorcé il y a une dizaine d’années et a, alors sombré totalement dans l’alcool. Après avoir tenté de vivre seul, période pendant laquelle il a perdu son travail, il a quitté la Provence et a été recueilli par Notre père, puis par nos grands parents, en région parisienne.

Aucune de ces expériences n’a été positive: Stéphane s’enfonçait de plus en plus. Un ami l’a recueilli gracieusement pendant plusieurs mois mais l’expérience a été désastreuse: Stéphane devenait vraiment invivable et avait perdu toute dignité humaine. Mon père et lui ont alors décidé de déménager ensemble en Provence pour donner à Stéphane une chance de revoir son fils.

Pendant cette épopée de près de 10 ans, Stéphane a suivi sans succès plus d’une demi douzaine de cures de désintoxication. Les cures en milieu hospitalier étaient courtes et caricaturales (cycles express    shooté-sevré-sorti, le tout en 2 semaines). Au centre d’alcoologie de MontPerrin d’Aix en Provence, elles étaient, par contre, plus longues et plus sérieuses mais la famille du malade y est écartée par principe ce qui ne permet aucun accompagnement en sortie de cure et accroit donc le risque de rechute.

Aux funérailles de papa, selon les propos d’un ami de la famille, Stéphane ressemblait à un vieillard couvert de pustules et ne pouvait même pas marcher droit sans être soutenu: il était devenu une loque alors qu’il allait devoir quitter leur maison! Il a alors accepté de tester un nouveau lieu de traitement: Betel. Et, là, le changement a été spectaculaire: en 6 mois il a été sevré et a retrouvé une personnalité stable et une apparence normale. Mais il avait présumé de ses forces et, croyant être sorti d’affaire, il a demandé à sortir bien avant le terme de son traitement.

Les pensionnaires de Betel ne sont pas retenus contre leur gré et Stéphane s’est retrouvé livré à lui-même sans être guéri. Il a très vite rechuté et sa situation s’est aggravée au point qu’il avait décidé de se jeter dans le Vieux Port quand, en chemin, il a croisé une équipe de Betel qui a su le persuader de revenir au centre.

Stéphane a, depuis, passé 10 mois à Betel et, s’il s’accroche pendant les quelques mois qui lui restent pour achever son traitement (Stéphane peine à supporter les contraintes du foyer), il devrait pouvoir enfin retrouver l’autonomie à laquelle il tient tant. Les premiers mois après sa sortie seront encore délicats, mais toute la famille se tient prête à le soutenir moralement.

De par notre expérience, Betel n’a pas d’équivalent en termes d’efficacité (qui plus est sans un sou d’argent public). A part sa méthodologie, l’une de forces Betel est de ne pas couper sans discernement le pensionnaire de sa famille: à l’exception de la première quinzaine, j’ai eu des nouvelles -directement et indirectement- aussi souvent que je le souhaitais et je pouvais passer au foyer -et même y manger- tous les week-end, une possibilité très rassurante (d’autant que, à force de repas pris au foyer,  j’avais fini par connaitre presque tous les autres pensionnaires).

Aujourd’hui Stéphane a revu son fils une première fois, a retrouvé sa volonté et la confiance en soi, fait des plans d’avenir et me semble capable de reprendre bientôt un travail. J’espère qu’il s’accrochera pour les quelques mois de traitement restant, avant qu’une nouvelle vie ne s’ouvre à lui et que nous puissions dire enfin: merci Betel!

NB: le texte ci-dessus est le résumé d’une conversation impromptue avec Benoit, le 7 Janvier 2014.

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Stéphane